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21/02/2015

A Argelès, Valls célèbre les Républicains espagnols parqués en 1939

20 Fév 2015

AFP
 

Manuel Valls a rendu un vibrant hommage aux Républicains espagnols qui "refusèrent la dictature" de Franco, vendredi à Argelès-sur-Mer, fustigeant l'attitude de la France qui les parqua dans les "camps du mépris", en plein hiver 1939, sur le sable de plages.


En face d'un camping quatre étoiles de la station balnéaire, des fils et filles de Républicains se sont massés pour une courte cérémonie annuelle dans le minuscule "cimetière des Espagnols", situé à une centaine de mètres de l'ancien "camp des sables" d'Argelès (Pyrénées-Orientales).

Parmi eux, la romancière Lydie Salvayre, lauréate du Goncourt 2014 pour son roman "Pas pleurer", consacré à la guerre civile espagnole, dont les parents "étaient passés dans ce camp", a-t-elle dit à l'AFP.

"Je suis fils d'Espagnols, d'une famille républicaine catalane", a d'abord rappelé Manuel Valls, face à la stèle portant des noms de morts bien espagnols: Martinez, Aguilar, Pardo, Diaz... "Mais je suis devant vous comme Premier ministre de la France", pour marquer "le 76e anniversaire de la Retirada" ("retraite"), exil de plus de 450.000 vaincus de la guerre civile espagnole (1936-1939).

Ils "ont traversé la frontière car ils avaient refusé la dictature, défendu la République, ils fuyaient pour beaucoup les troupes franquistes après la chute de Barcelone", a-t-il dit, mais "tout ce qu'ils avaient trouvé en arrivant, ce sont les camps du mépris".

Auparavant, la présidente de l'association Fils et Filles de républicains et enfants de l'exil, Rosy Godet, avait lancé: "Ce qui est aujourd'hui une des plus belles plages d'Europe (à Argelès) fut le premier camp de concentration où passèrent plus de 220.000 personnes". "Mais qu'avaient-ils donc fait sinon défendre leurs idéaux?"

Des combattants, mais aussi des familles entières de civils, avaient été "internés" dans ces camps d'urgence par le gouvernement français (d'Edouard Daladier, Parti radical).

Pourtant, en 1939, "ce n'était pas encore la France de Pétain", a dit M. Valls (PS). "Notre première responsabilité, c'est de reconnaître que la France n'a pas été à la hauteur des espérances de ces hommes et femmes qui venaient s'y réfugier et qui attendaient de la France qu'elle vienne à leur côté en 1936", a-t-il insisté.

Il a au contraire vanté l'engagement des Républicains espagnols, qui furent nombreux à rejoindre la Résistance et "parmi les premiers à entrer dans Paris libéré" en 1944.

Et, comme s'il évoquait les attentats parisiens des 7 et 9 janvier derniers, il a conclu: "La vraie réponse aux douleurs et aux fractures que notre société connaît, c'est la République, forte, ferme pour la défense de ses valeurs mais plus que jamais généreuse et bienveillante."

 

- Morts ramassés sur la plage -

A l'hiver 1939, entre les barbelés du camp de la plage d'Argelès, on mourait d'épuisement, de froid, de dysenterie, du typhus, de noyades ou encore par suicides. "On a des témoins qui nous disent que des camions passaient tous les matins ramasser des morts mais on trouve très peu de décès mentionnés dans les archives, qui étaient en tout cas complètement désorganisées", a souligné auprès de l'AFP Béatrice Verhille, directrice du nouveau Mémorial du camp, inauguré il y a un an.

Dans la soirée, une exposition consacrée pour la première fois aux trois "Camps sur le sable" (d'Argelès, de Saint-Cyprien et du Barcarès) devait être inaugurée à Argelès. "La petite fille du commandant du camp nous a donné des photos inédites", a souligné Mme Verhille.

 

 

 

12:03 Publié dans Exil | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook | | | |

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