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Ariège 20 juillet 2014 commémoration du maquis de la Crouzette

Ariège 20 juillet 2014 commémoration du maquis de la Crouzette

Intervention d’Eloi Martinez au nom d'ASEREF et de « Caminar ! » coordination nationale d’associations de descendants et amis de l’Espagne républicaine

Mesdames, messieurs les maires, mesdames messieurs les représentants de l’ANACR …. C’est une forte émotion que je ressens ici aujourd’hui pour rendre hommage avec vous comme vous le faites chaque année au maquis de la crouzette. Le combat pour la liberté que menaient les résistants français les guérilleros espagnols et d’autres étrangers dans toutes les régions de France dans cette période noire de l’histoire a été déterminant pour libérer le pays.

Un mot juste pour vous présenter Caminar.

 Caminar ! que je représente ici en tant que vice président est une  coordination nationale d’associations mémorielles de descendants et amis des exilés de l’Espagne républicaine. Cette coordination  est née le 31 mai dernier à Toulouse, celle-ci  représente pas moins de onze associations en provenance de plusieurs régions  et villes: Aquitaine, Midi Pyrénées, Languedoc Roussillon, région parisienne, Bourgogne,  Pau, Toulouse, Bordeaux, Montpellier, Oloron Sainte-Marie, Agen, Decazeville …  Parmi ces associations locales ASEREF que je représente également pour la région de Montpellier et Terre de Fraternité

les deux présidents d’honneur sont le commandant Robert dont je dirai quelques mots et Geneviève Armand Dreyfus historienne internationalement connu de l’exil républlicain espagnol.

Je tiens à excuser Emmanuel Dorronsoro président de ¡ Caminar ! qui ne peut être parmi nous aujourd’hui, il le regrette mais tient à vous transmettre un salut chaleureux et fraternel à l’occasion de cette commémoration. Celui-ci indiquait lors la création de Caminar ! que les objectifs de cette coordination nationale sont multiples : partage des expériences, mutualisation des moyens, travail pédagogique transfrontalier, convergence dans nos actions en faveur de la reconnaissance des valeurs de cetteSeconde République espagnole, référence démocratique fondamentale des années 30 pour l’Espagne d’aujourd’hui. Expérience démocratique interrompue par un projet totalitaire qui recouvrit l’Espagne d’une longue nuit. Comme vous le savez, la guerre d’Espagne fut la première bataille de la seconde guerre mondiale ».

 ¡ Caminar !  signifie « Cheminer » nous cheminons donc ensemble associations mémorielles dans cette coordination dans le respect de la diversité avec esprit de fraternité et avec détermination  pour que soit enfin reconnu l’engagement des exilés de l’Espagne républicaine en France dans la Résistance contre le fascisme. Dans le même temps nous soutenons avec force et solidarité  les peuples d’Espagne aujourd’hui en lutte pour la Vérité, la Justice et la réparation des crimes contre l’humanité commis par le franquisme qui restent impunis. Caminar ! soutient toutes les actions pour l’avenir de la mémoire et est solidaire des associations espagnoles qui luttent notamment pour l’avènement d’une troisième république.

 

                               ¡ Caminar !  possède l’immense privilège d’avoir deux présidents d’honneur qui incarnent d’une part, l’action déterminée, constante et courageuse et, d’autre part,  la recherche historique, honnête et rigoureuse : M. José Antonio ALONSO, alias le Commandant ROBERT, chef du Chef du réseau de Résistants républicains espagnols qui a libéré la ville de Foix. La reconnaissance de ses hauts faits d’arme, l’ont fait officier de la légion d’honneur et a été décoré le 15 juin prochain de l’Ordre national du Mérite  par Jean Pierre Bel, Président du Sénat il a toute notre reconnaissance et nous l’assurons de toute notre amitié .  D’autre part Mme Geneviève DREYFUS ARMAND,  Historienne internationalement reconnue, est, sans conteste, La spécialiste de l’Histoire de l’Exil républicain espagnol en France.

                              

Pour  terminer avec cette présentation de notre coordination je voudrais souligner à quel point pour nous le combat pour la mémoire n’est pas passéiste mais doit être conjugué au présent et au futur. Notre président Emmanuel Dorronsorro le rappelait ainsi « Soyez persuadé que dans la conjoncture actuelle, les descendants de l’Exil de l’Espagne républicaine, sauront s’opposer avec force à celles et ceux qui prônent une France repliée sur elle-même, intolérante, raciste et fondée sur le rejet de l’Autre »

Vous voyez nous sommes fidèles à l’idéal de nos parents aux guérilléros républicains espagnols qui luttaient contre le fascisme depuis 1936, à l’idéal des brigades internationales qui dès le début de la guerre d’Espagne s’engagèrent pour défendre la République, à l’idéal des résistants français qui se sont levés dans tout le pays pour que le jour se lève après la nuit noire de l’occupation nazie.

                Je voudrais maintenant saluer Emma Vallejo ici présente avec sa famille dont le père républicain espagnol a combattu dans le maquis de la Crouzette.

Le parcours de ce guérilléro est fort semblable à celui de beaucoup d’autres  républicains espagnols en le rappelant nous rappelons le combat de tous les autres

En juillet 1936 il est fait prisonnier dans son village (Olleros au nord de Leon)  par les nationalistes est enrôlé dans leur camps. Il déserte et rejoint el Frente del Norte à l'automne de la même année.

En novembre 1937 à la chute du front du Nord il embarque à Gijón arrive en France.

Au début de l'hiver de la même année il quitte Barcelone où il avait été accueilli pour combattre à Terruel, puis au Front d'Aragon et de Catalogne.

Interné au camp de concentration d'Argelès en février 39.

En novembre 39 il quitte le camp et arrive en Ariège pour travailler à la mine du Bentaillou commune de Sentein.

Il part vivre et travailler à Castelnau-Durban en 1941. C'est là qu'il s'engage dans la Résistance en 1942.

Il est dénoncé, et rejoint le maquis de la Crouzette en mars 1944 après une tentative d'arrestation par la Milice ariégeoise qui a lieu devant son domicile à Castelnau.

Il participe à la libération de Rimont, Castelnau, Saint-Girons.

En octobre faisant partie de la 468ème Brigade il participe à l'Opération du Val d'Aran et reste quelques mois avec les maquis du Haut Aragon (secteur Benabarre) d'où il part rejoindre son lieu d'origine. Il réussi la liaison avec les "maquis de l'intérieur" Leon Galice et "Picos de Europa" avec pour mission de participer à la réorganisation des maquis.

Son nom de guerre dans la Reconquista: Ceferino.

Il est tué par la Guardia Civil dans sa tentative de retour en France près de la frontière  probablement en 1946 -47 et serait enterré dans une fosse commune à Bera, au nord de la Navarre.

Pour conclure je voudrais insister sur la nécessite de la reconnaissance par la France du rôle des espagnols dans la résistance dont l’action n’est jamais ou très rarement évoquée

C’est pourquoi  ce travail de mémoire que vous réalisez ici dans l’Ariège avec notamment cette commémoration annuelle où flotte ici aujourd’hui le drapeau républicain espagnol au côté du drapeau  français est essentiel et porteur d’avenir pour les jeunes générations. Faisons en sorte tous ensemble que certaines pages de l’histoire de France ne soient plus occultées et qu’elles entrent

Caminar ! soutient toutes les actions pour l’avenir de la mémoire et est solidaire des associations espagnoles qui luttent notamment pour l’avènement d’une troisième république.

 

Je termine par ces vers de Paul Eluard tirés de son poème « la victoire de guernica

Hommes réels pour qui le désespoir

 Alimente le feu dévorant de l'espoir

 Ouvrons ensemble le dernier bourgeon de l'avenir

 « Parias la mort la terre et la hideur

   De nos ennemis ont la couleur

   Monotone de notre nuit

   Nous en aurons raison ».

 

 

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